D’une cité l’autre – Essai sur la politique platonicienne, de la « République » aux « Lois » PDF, EPUB

Alors que la tradition libérale conceptualise l’individu en dehors de la société, dotée de droits qui ne sont pas accordés par la société, les Grecs ont beaucoup plus intégré l’individu dans la société.


ISBN: 2200345631.

Nom des pages: 264.

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Platon est-il sérieux ? Au sortir de la République, on s’interroge. Si oui, Popper a raison : voici l’ancêtre du totalitarisme. Si non, doit-on admettre, avec L. Strauss, que le vrai sérieux, chez ce disciple en ironie de Socrate, est de ne pas se prendre au sérieux ? La République ne serait-elle décidément qu’une utopie impossible, destinée à montrer la nécessité d’en rabattre pour qui se débat dans les limites de la politique réelle ?

Il y a au moins un indice de bon sens : si Platon avait jugé la République pleinement satisfaisante, il n’aurait pas écrit les Lois. L’histoire a voulu que, durablement, seule la première retienne vraiment l’attention, les Lois, testament politique inachevé, restant une manière de continent oublié.

S’inscrivant dans le mouvement actuel de réexploration de ces dernières, le présent ouvrage resitue la pensée politique de Platon dans le seul contexte pertinent, celui d’une évolution qui, d’une cité l’autre, épouse le profond changement de perspective opéré par le platonisme tardif. Intégrant les apports du Politique ou du Timée, Christophe Rogue en propose une interprétation novatrice et féconde.

Il nous montre un Platon étonnamment « moderne », qui découvre l’importance de l’histoire et en formalise la notion, s’alarme du désordre économique, et conçoit une cité à la fois ancrée dans le réel et fidèle au projet d’origine. Une cité confrontée aux interrogations mêmes que rencontre notre temps : rendre la loi légitime et la faire aimer, subordonner l’économie à la politique, construire un ordre à l’épreuve du temps. Dans cette cité réconciliée avec l’humain, Platon trouvera matière à un dépassement des approches qui a nourri la modernité politique, d’Aristote aux théories du contrat.

Christophe ROGUE est normalien, agrégé et docteur en philosophie. Spécialiste de Platon, il a collaboré à de nombreux ouvrages et est notamment l’auteur, chez Armand Colin, d’un ouvrage de présentation de la pensée platonicienne (Comprendre Platon, 2002).

Introduction. Les chemins qui mènent à la cité. Les voyages de Platon. Le philosophe en exil. Le chemin de Cnossos. Le rêve de la Callipolis. Gygès et le cauchemar de Platon. La politique au risque de l’économie. La stasis, maladie de la cité. La communauté idéale. La cité hors du temps. La loi de l’histoire. La loi de la décadence politique. La double aporie de la République. Le mythe, la légende et le temps présent. Vers la cité réelle. La parole légitime. Le partage des signes. Le sophiste et la maîtrise des signes. La nomocratie. La parole sacralisée. Raconter des histoires. La cité des propriétaires-paysans. Athènes et le naufrage de la politique. La géographie de la cité. Unité du corps politique et urbanisme. Le modèle de l’oikonomia. La politique économique platonicienne. La politique selon la nature.Les institutions de la cité. Les révolutions circulaires. Savoir garder la mesure. Les syssities. Conclusion : La cité réelle.

Proclus (et Verdenius avec lui) résout le problème en allant à l’encontre des preuves. Pradeau (1997, p.83, note 1), la pénurie chronique d’eau dont souffrait Athènes avait inspiré à Platon l’idée de restreindre le nombre d’habitants à 5 040. Le début est la partie la plus importante du travail.

Ainsi, dans le passage du Timée cité plus haut (chapitre 28), il est admis que l’écoute de la musique est une source de plaisir (distinction entre le plaisir raffiné ou la bonne humeur des gens intelligents et le plaisir irrationnel des idiots), mais la beauté qui en résulte semble résider dans certaines caractéristiques formelles d’ordre, de mesure et d’harmonie qui sont également partagées par les mouvements des corps célestes et la structure de l’âme-monde. Mais si la justice dans la ville accomplit chacun sa tâche naturelle, que serait-elle dans l’individu? Mais les commentateurs ont trouvé cette curieuse approche l’une des caractéristiques les plus déconcertantes de la République. Logiquement, Platon dit que la politique est essentiellement un pillage – une idée plus associée à Bastiat et Voltaire et à l’analyse de classe classique-libérale qu’aux anciens Grecs.