Oralité et écriture: La technologie de la parole PDF, EPUB

Lord (1960) et Havelock (1963) ont été mentionnés dans le commentaire d’Ong de Farrell (2000), le considérant comme une sorte de relativisme culturel.


ISBN: 2251150021.

Nom des pages: 209.

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Oralité et écriture, le dernier véritable ouvrage de Walter Ong et apogée de ses recherches, étudie le passage de l’oralité à l’écriture dans les sociétés qui ont connu un tel mouvement (ce qui est loin d’être le cas de toutes les cultures).

Ong note tout d’abord qu’il est extrêmement difficile, pour des individus vivants dans un monde possédant et utilisant l’écriture, d’imaginer les ressorts cognitifs d’individus n’ayant aucune notion du concept d’écriture. Par ailleurs, pour Ong, le passage de l’oralité à l’écriture (et donc à certaines techniques de reproduction de cette écriture) ne s’opère jamais de la même manière selon les cultures, diverses stratégies pouvant être mises en uvre pour fixer sur un support spatial un univers sonore éphémère. C’est la raison pour laquelle, au début de l’ouvrage, Walter Ong revient par exemple sur les travaux de Milman Parry (1902-1935), qui révolutionna les études sur Homère, ainsi que les recherches d’Eric Havelock (1903-1988) et Jack Goody (1919).

Puis l’ouvrage s’intéresse aux différences entre ce que Walter Ong appelle « l’oralité primaire », qui désigne l’oralité de cultures n’ayant jamais connu l’écriture, et « l’oralité secondaire », qui désigne celle des cultures (telle la nôtre) où à un moment il devint possible de transcrire les sons en mot sans, toutefois, que ces cultures perdent nécessairement certaines caractéristiques de l’oralité première (procédés mnémotechniques, techniques de répétition, etc.) ; inversement, ce passage d’une forme d’expression à une autre peut aussi s’accompagner de la perte de processus cognitifs impliquée par l’arrivée d’une technologie (l’ordinateur par exemple).

Cet ouvrage est à la fois une taxinomie générale des caractéristiques respectives de l’oralité et de l’écriture et une tentative pour définir anthropologiquement ce que serait véritablement l’écriture (une question déjà posée par Platon, auquel Ong se réfère plus d’une fois). Cette enquête anthropologique permet brillamment au père jésuite de passer allègrement d’Homère à Jacques Derrida (1930-2004), d’Aristote (384-322 av. J.-C.) à McLhuan (1911-1980), et de la Bible aux ordinateurs contemporains car Oralité et Écriture est aussi un véritable travail d’historiographie sur le rapport des humains à l’écriture et comme l’écriture se retrouve partout, ce travail n’est pas sans conséquence sur la manière dont l’humain peut approcher les « sciences » humaines.

Les œuvres romantiques privilégient la nature par rapport à la technologie, mais elles inspirent l’individu à devenir un observateur attentif du monde naturel et à donner ainsi une impulsion à l’étude scientifique. Ithaca: Cornell University Press, 1971. 23-47; Rpt. dans An Ong Reader: les défis pour une enquête plus approfondie. Ed. Thomas J. Farrell et Paul A. Soukup. Cresskill, NJ: Hampton Press, 2002. 313-329.) Toutes les références ici proviennent d’An Ong Reader. La langue du groupe dominant est toujours l’alphabétisation la plus précieuse dans notre communauté de plus en plus mondialisée.

Podcast Un podcast téléchargeable de The Gutenberg Parenthesis est disponible. L’oralité fait communauté, parce que la parole implique toujours plus d’une personne. Les sociétés orales peuvent opposer une forte résistance aux technologies lettrées, comme le montrent clairement les arguments de Socrate contre l’écriture dans le Phèdre de Platon. Paradoxalement, nous ne pourrions plus parler (si nous le pouvions) de l’arbitraire du signe, car il n’en aurait pas d’autre dont il pourrait être l’arbitre.