Rétrovolutions : Essais sur les primitivismes contemporains (Essais – Documents) PDF, EPUB

Ce qu’il faut donc, c’est le développement de «connaissances para- sitaires non invasives» qui ne situent a priori leur objet dans aucun groupe.


ISBN: B005OJCMHG.

Nom des pages: 274.

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L’idée que l’avenir de l’humanité se trouve dans le passé et que la solution aux problèmes du présent est à chercher du côté d’une sagesse venue du fond des âges n’est pas neuve. Chaque époque a connu la tentation du primitivisme. L’incertitude idéologique actuelle lui donne toutefois une vigueur nouvelle. Le regain d’un tourisme mystique cherchant au loin, dans l’absorption ritualisée de substances hallucinogènes, les clés d’un paradis perdu, n’est qu’un aspect de cet attrait des origines. Car le primitivisme, aujourd’hui, prend trois formes : politique, anthropologique, artistique. Jean-Loup Amselle soumet ici chacune d’elles au feu de la critique.
 De la conception du musée du quai Branly à la référence à la « négritude » dans le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, en passant par la promotion, en Afrique de l’Ouest comme en Amérique du Sud, d’identités et de valeurs ethniques, il montre comment États et hommes d’État font de l’authenticité et de la tradition des arguments ou des instruments de pouvoir. Il dénonce également, chez certains de ses collègues anthropologues, une conception figée des cultures exotiques, voire un fétichisme des savoirs indigènes ; comme s’il fallait renvoyer les « sauvages » hors de l’histoire pour mieux pouvoir juger la pensée occidentale. Il analyse enfin le « processus de purification culturelle de l’autre » à travers une production artistique dont l’exotisme formaté est apte à séduire un public international.
Cet ouvrage argumenté, engagé, parfois ironique, prend ainsi résolument parti contre les usages contemporains du mythe primitiviste.

La première partie du livre traite donc de la politique française de l’ethnicité. Amselle donne à la fois «la musique du monde» ou «l’art mondial» et la théorie postcoloniale, mais de loin toutes les variétés ne sont pas coupables d’un étiquetage identitaire. Il défend la tradition républicaine française de stricte laïcité et d’aveuglement à l’ethnicité et rejette toute tentative d’identification de groupes ou de mesure de leur mélange.

Généralement, il se réfère à l’identitarisme de groupe ou à l’exotisation des phénomènes «authentiques» qui sont liés mais pas identiques. Il accuse les anthropologues, comme les politiciens, d’être incapables de faire face pleinement à l’historicité de leurs sujets par rapport aux traditions de l’anthropologie elle-même et des autres sciences sociales. Le marxisme, écrit Amselle (sans même s’inquiéter des « citations alarmistes »), est l’ennemi du sauvage qui, dans sa forêt tropicale, sait que « le cauchemar climatisé vaut mieux que de ne pas avoir de climatisation » (p.123). . Dans certains cas, cela crée une confusion conceptuelle.